Déclaration d’Alain Olive, Secrétaire général
Pouvoir d’achat : le pari risqué du Président de la République
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Bagnolet, le 30 novembre 2007
Dans son allocution télévisée, Nicolas Sarkozy s’est livré à un exercice impossible : démontrer aux salariés que l’on pouvait augmenter leur pouvoir d’achat sans augmenter leurs salaires.
L’UNSA
n’a pas été convaincue par l’argumentation présidentielle qui se fonde sur des
mesures disparates dont on peut douter de l’efficacité ; qu’il s’agisse du déblocage
de la participation, de la monétisation des RTT ou du travail du dimanche par
exemple.
Et
que dire de cette volonté de sortir définitivement des 35 heures - qui ne pourra
s’effectuer que par un accord majoritaire d’entreprise, donc très difficilement
- qui a des relents de règlement de compte idéologique.
Cette
intervention brille surtout par les omissions qu’elle recèle : rien sur la prime
pour l’emploi qui va aux salariés les plus modestes, rien sur les minima sociaux,
rien sur les salaires et notamment ceux de la fonction publique qui dépendent
directement de l’Etat.
La
vraie attente qui se manifeste sur le pouvoir d’achat reste toujours intacte.
Sur
la question du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy fait un pari risqué. Pour lui,
seul le retour de la croissance est susceptible d’améliorer le pouvoir
d’achat ; et il se refuse donc à favoriser le pouvoir d’achat, ce qui
permettrait d’améliorer la croissance.
Mais
que se passera-t-il si cette croissance tarde à se manifester ?
Dans
un environnement international dominé par la crise financière, l’appréciation
forte de l’euro et l’augmentation démesurée du prix du pétrole, rien ne dit
qu’une croissance supérieure à 2% du PIB sera au rendez-vous, sans mesures incitatives.
Pour
l’UNSA, il est dangereux de spéculer indéfiniment sur la patience des salariés.
Plus que jamais l’augmentation des salaires directs est posée, qu’il s’agisse
du secteur privé ou de la fonction publique.
Cela doit constituer un axe revendicatif majeur pour les semaines à venir.